Le Liban a annoncé, jeudi 13 octobre, approuver le texte final de l’accord visant à la démarcation la frontière maritime entre les deux pays, soumis au Liban et à Israël par le médiateur américain, le lobbyiste Amos Hochstein qui est un ancien de l’équipe Obama. Cet accord prévoit notamment de lever les obstacles à l’exploitation de gisements gaziers en Méditerranée orientale.

Joe Biden a salué une « avancée historique » sous l’égide de Washington. Emmanuel Macron prétend aussi avoir joué un rôle dans cet accord qui « contribuera à la stabilité du Proche-Orient et à la sécurité d’Israël ». Il en est de même pour les nombreux affiliés au lobby israélien qui ont tous applaudi à l’unisson.

Bien entendu le premier ministre de l’État sioniste, Yair Lapid, s’est félicité puisque l’obsession des Israéliens est de « sécuriser » leur frontière septentrionale où ils continuent d’ailleurs l’occupation des territoires libanais des Fermes de Chebaa. Quant au Liban, la classe politique (notamment le président sortant Aoun et l’inamovible président du parlement Berri) a préféré fermer les yeux sur le fait que le pays est en faillite pour insister sur la « portée historique » de l’accord qui se traduira surtout par un vote en faveur de la guerre des États-Unis contre la Russie.

En effet si l’on voit bien ce que gagne l’État d’Israël, les choses sont beaucoup plus compliquées pour le Liban qui se voit reconnaitre son territoire maritime et rien d’autre. Surtout, on ne voit pas actuellement comment le peuple libanais pourrait bénéficier des éventuelles retombées de l’exploitation future compte tenu de l’immense corruption sévissant au pays du Cèdre tant sur le plan politique que sur le plan économique. Dans ce contexte, on peut douter que d’éventuelles découvertes gazières changent quoi que ce soit pour les Libanais.

Dr Zeina el Tibi, Présidente-déléguée de l’OEG

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